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BD CRUCIFIX PARTIE3L

 

bd1bis

 

5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 21:52

pieddebiche

 

 

 

Lieu à défendre : Villa entourée d’un magnifique jardin.

Malus : Il y a des hippies dans le sleeping.

Bonus : Il y a des punks dans le tipi planté dans le jardin.

 

 

 

Prologue :

 

Voilà plus d'un mois que nous attendons avec impatience l'arrivée des forces de l'ordre qui peuvent d'un moment à l'autre nous expulser ; en un mois nous avons eu tout le temps nécessaire pour laisser libre cours à notre imagination et à notre créativité renforçant chaque jour nos défenses, cabanes dans les arbres, barricades mobiles, douves (sans crocodiles puisque l'anglais qui avait proposé d'en voler dans un élevage a disparu), bunker, pont levis...

 

Voila plus d'un mois que le réveil sonne à cinq heures du matin, tout le monde sur le pied de guerre, les habitants et les soutiens se relayant pour faire le guet toute la journée dans l'angoisse et l'attente fébrile d'une intervention policière, inutile de préciser que le moral des troupes est à cran. D'autant plus que les activités proposées pour les riverains du quartier (cours de soutien scolaire, cinéma, théâtre...) continuent d'avoir lieu dans une atmosphère de camps résistants retranché, et qu'une tribu de hippies glandeurs et moralisateurs a élu domicile dans le dortoir réservé aux gens de passage, sauf que eux se sont arrêtés de passer.

 

C'est dans ce joyeux bordel plus ou moins organisé, théâtre grand-guignolesque, qu'un jour enfin, à dix heures du matin, alors qu'une quinzaine de personnes et cinq ou six beat-nicks se trouvent sur place, que l'expulsion commence.

 

Total des troupes de défense : 20

 

 

 

Le pied de biche déglingué, chronique quatrième

 

 

 

Première manche. Le jardin

 

 

Une douzaine de flics en civils, sortent de nulle part et à une vitesse impressionnante, raflent tout ce qui bouge dans le jardin, ou ce qui ne bouge pas d’ailleurs ; puisqu'un pote qui avait dormi à la belle étoile se fait réveiller par une paire de basket, un autre plus alerte tentant de monter dans un arbre se fait choper les talons et tiré au sol. Deux hippies se font courser par la BAC en tournant tout autour de la maison. L'huissière, sous bonne escorte, franchit le pont levis que personne n'a eut le temps de remonter. Même si c'était surtout pour la déco, on aurait bien aimé les voir galérer à l'ouvrir, les pieds dans les douves.

Seuls deux punks qui faisaient un feu de camp dans le tipi, installé à proximité de la porte d'entrée, réussissent à rentrer dans la maison. Juste avant de fermer et de barricader la porte, on aperçoit cinq ou six bagnoles de la police nationale arriver. Pas mal de copains se retrouvent enfermés dehors.

 

Le zigoto qui avait voulu imiter les singes part directement en garde à vue, « tentative de fuite ».

 

Total des troupes de défense : 12

 

 

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Deuxième manche. L'escalier.

 

 

Conscients que le rez-de-chaussée est facilement prenable par les keufs et difficilement défendable pour nous, on se retranche directement à l'étage où tout a déjà été prévu, on a quelques minutes devant nous. Entre temps un copain est monté sur le toit en passant par le balcon pour avoir une vue d'ensemble, la maison est entourée de CRS. Ne sachant pas qu'il est en train de crapahuter sur les tuiles, deux mecs barricadent l'entrée du balcon à l'aide d'une énorme cuve en fonte prévue à cet effet et devant peser près d'une tonne. Onze paires de bras avaient été nécessaire pour l'amener jusque là.

 

 

Total des troupes de défense : 11

 

 

De notre coté on s'attaque à l'escalier, un coffrage géant en métal a déjà été pensé et est prêt à l'emploi. On le remplit de chariots d'Intermarché et de troncs d'arbres placés en bascule au dessus de celui ci (troncs d'arbre n'est pas une métaphore la plupart mesuraient soixante centimètres de diamètre et certain étaient haut de deux mètres) – les punks s'avèrent être d'excellents éléments. Bref, l'escalier devient un obstacle infranchissable. On balance le dernier tronc, on rigole bêtement devant notre œuvre situationniste quand on aperçoit, à travers un œil de bœuf, des types cagoulés et portant le tristement célèbre blason du GIPN, escalader machinalement notre toit.

 

 

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Troisième manche. Devine qui vient dîner ?

 

 

Un ange passe... L'hésitation s'installe dans un long silence, le temps se fige, plus personne ne bouge. Dans ce genre de moment des dizaines d'idées, de pensées diverses, précises et détaillées se permettent de traverser votre esprit en à peine une seconde sans passer par la douane, comme lorsque enfant vous vous faisiez prendre la main dans la boite de cookies, sauf que la c'est le GIPN qui vous a observé construire une barricade. L'instant ne dure que quelques secondes, les cheminements de pensée sont tous différents mais tout le monde arrive à la même conclusion : Vont-ils réussir à passer la cuve en fonte qui bloque l'entrée par le balcon ?

 

Une série de chocs sourds nous indique qu'ils tentent de répondre à notre question. Une excitation semblable à une inquiétude euphorique s'empare du groupe, un type se met à préparer en urgence une solution à base de Malox destiné à lutter contre d'éventuels gaz lacrymogènes. Quelques un(e)s essayent tant bien que mal de maintenir la cuve en place, d'autres complètements paniqués cherchent une cachette derrière une porte ou dans un placard. Au milieu de ce foutoir hystérique, un couple qui vient seulement de se réveiller, encore à moitié à poil, déshabillé par leur nuit d'amour, réalise que c'est le GIPN et non un rasta percussionniste qui tambourine sur la fonte, et paf ! Traumatisé direct.

 

 

Total des troupes de défense : 9

 

 

Tout le monde est aspergé de Malox par un type totalement survolté sujet à un fou rire nerveux, la barricade cède dans un énorme fracas. Les plus rapides se précipitent vers le dernier refuge encore possible : Le Bunker.

 

 

Total des troupes de défense : 6

 

 

Ni_Droit_Ni_Titre-12.jpg

 

 

Quatrième manche. Le Bunker.

 

 

Le Bunker se compose de deux pièces ayant une entrée commune ; à l'intérieur des vivres et des réserves d'eau pour plusieurs jours ainsi que couchages, casseroles, conserves, camping gaz et surtout du matos pour barricader, le but étant de combler l'espace entre la porte de la première pièce et le mur à l'aide d'un ensemble compact et sous pression de façon à ce que celle ci ne puisse pas s'ouvrir d'un centimètre.

Les deux punks qui s'amusent comme des gamins à qui l'on aurait donné les clefs d'une Formule 1 et le gars du Malox qui continue de rigoler, commencent à superposer les couches de matériaux contre la porte : matelas pour atténuer les chocs, grillage pour bousiller la lame d'une éventuelle disqueuse, structure en béton armé piqué sur un chantier, poutres, moellons, étais... Deux des rescapé(e)s pianotent sur leurs portables pour appeler du renfort tandis qu'un hippie, dernier représentant de son espèce, cherche un endroit pour cacher son pochon de beuh, pour ne pas gâcher, il le mange. La barricade n'est pas encore achevée quand des coups de bélier commencent à enfoncer la porte, un des punks saute dans l'espace qu'il reste à remplir et, écrasé contre le mur, amorti les chocs se servant de ses coudes comme ressorts, le hippie se fait engueuler, les flics menacent de nous gazer comme des lapins, quelqu'un propose d'allumer les fumigènes et les feux d'artifices qu'il a trouvé dans l'un des placards.

Une accalmie nous permet de poser des moellons pour remplacer le punk qui s'effondre de tout son poids une fois désincarcéré, les coups reprennent.

 

 

Total des troupes de défense : 5

 

 

 

Cette fois la porte ne bouge plus, comme on ne sait plus quoi faire on prépare du béton à prise rapide pour consolider la barricade et fixer une grosse plaque en ferraille sur la seule lucarne de la pièce, juste par sécurité. Quelqu'un fait tomber la plaque sur le hippie qui se retrouve bloqué dessous, un autre nargue les flics qui s'acharnent contre la porte, le mec du Malox fout de la flotte partout en essayant d'enlever le ciment qu'il a dans les yeux.

 

 

Cinquième manche. A la masse.

 

 

Tout ce petit chantier stop net lorsqu'un son sourd plus fort que les autres fait trembler tout les murs, après une deuxième secousse suivie de morceaux de briques et de plâtres projetés dans toute la pièce, nous comprenons que le GIPN a abandonné l'idée d'ouvrir la porte et est en train de péter la cloison à la masse. Résignés, deux copains et l'amortisseur humain abandonnent, nous ne sommes que trois à s'enfermer dans la deuxième pièce.

 

Total des troupes de défense : 3

 

Une fois à l'intérieur on se rend vite compte qu'il nous sera impossible de nous barricader de nouveau en si peu de temps, effectivement la porte vole déjà en éclats, un homme cagoulé en armure fait son entrée, rien dans les mains, rien dans les poches, sûr de lui, il lâche « Allez les Beatles on sort ! »

 

 

Total des troupes de défense : 0

 

 

Ni Droit Ni Titre-14

 

 

Épilogue :

 

 

En sortant de la maison, les Beatles se rendent compte qu'en plus de la BAC, des CRS, de la Police National et du GIPN, participent à la fête une vingtaine de pompiers, la police scientifique et un mystérieux « Groupe d'intervention en milieu périlleux » et pour cause : un copain se trouve perché à la cime d'un arbre d'une dizaine de mètres et menace de sauter dès que la nacelle des pompiers transportant un négociateur du GIPN s'approche trop près de lui. Sur la terre ferme une trentaine de manifestants arrivés en renfort bloquent la route, se font matraquer par les CRS, bloquent alors les voies du tram, joue du tam-tam, se font matraquer...

 

Il est à peine 10h30, la journée ne fait que commencer.

 

 

Total des troupes de défense : 1 Hahaha Niqué !

 

 

 

 

Alcinte Phileste


 

 

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Le vernissage aura lieu le samedi 10 janvier à partir de 19 h.

 

 

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